Modigliani: Nu rouge|
Aquarium
L’amour fou m’avait fait petit poisson soluble Fondu de toi, fondu, en toi mon aquarium Je nageais dans ton sang pour faire battre ton cœur Et je ne pouvais plus respirer au dehors Poisson soluble aussi avalé par la chatte Je frétillais encore vers la petite mort
Ton regard chatoyait dans mon liquide vital Irisé de mille feux qui mordoraient mes sens Je vivais inconscient des tourments extérieurs Ta lune était sereine et jouait sur mes yeux L’espoir des alevins défiait le hasard Et l’horizon avait un goût d’éternité
Et puis la réciproque a rompu ses amarres La pomme artificielle détourné un regard A peine simplement mais trop pour un orgueil La musique morbide d’une sirène noire Emporta le vaisseau où naviguait mon cœur Et je devins pêcheur de mon propre naufrage
L’eau devenue acide a rejeté mon corps Les entrailles rongées je crevais d’amour faim Tentant désespéré d’embrasser le désir J’avalais l’hameçon aux marches du palais Et ma langue arrachée bavant des mots sanglants Je restais pantelant sur la glaise natale
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