Le gros cheval descendait l’horizon, le trait puissant dans la splendeur du soir. Le
couchant égrenait ses volutes. Les pensées de l’enfant planaient sur le coteau. Un corbeau pressait son vol vers la futaie. Plus loin, bien plus loin, un regard adultère saignait le passé.
Que de sensations lourdes dans le temps qui transpire!
Un tracteur avalait la mémoire du cheval.
Une moissonneuse, hurlant de tous ses yeux, mêlait, inéluctable, dinosaures et dragons. Elle fauchait, broyait, disséquait les souvenirs.
Le crottin du cheval embaumait le tracteur.
Momies éparses, des meules attardées roulaient sous la broyeuse qui lâchait derrière elle des grandes roues de paille ensachées comme des étrons enmorvés de technique. J’ai dans le sang ces
meules que je n’ai pas vécues, héritages génétiques de la mémoire transcendée par un tableau de Van Gogh.
Champ aux meules de foin (VanGoh)
Pour le reste cette première lecture a marqué mon intérêt. Texte qui a su faire apparaitre des images, une ambiance, la chaleur d'un été, des odeurs. Ah les meules....
Enchantée donc et au plaisir !
Torturant, criant de vérité. Ainsi Van Gogh.
Chez nous la journée est digne du printemps et j'ai bien l'intention d'en profiter.
Bon week-end à vous !
Une poésie saisissante et riche, c'est un plaisir de vous lire !!!
Bon week-end
Marcelle
Tu habites pas loin de chez moi? en fait cette photo je l'ai prise dans le bois de la Houssière, tu connais?
Merci pour tes commentaires! cela me fait plaisir :-)
A bientôt
Marcelle
Chez le pépé Chardon j'entrais dans l'écurie déserte depuis longtemps, flottait encore dans l'air l'odeur des chevaux, et j'avais tant d'imagination que je pouvais les voir...ce n'est que longtemps après qu'il me montra le dernier cheval qu'il avait possédé, un grand cheval à robe rousse et crinière blonde, avec de belles jambes solides. Exactement comme je l'avais imaginé. :)